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La famille prépare les citoyens de demain

Au paragraphe 50 de son document Gaudium et Spes (1965) le Second Concile du Vatican a insisté sur la tâche des parents comme éducateurs de leurs enfants. Il ne s’agit plus simplement de mettre au monde des enfants. Les parents apprennent du Magistère que cette procréation se continue dans une éducation qui fait partie de leur vocation d’époux’".

Les sciences humaines nous ont beaucoup appris ces dernières années sur la famille et son rôle dans l’éducation. Psychologues (D.W. Winnicoot et la petite enfance, L. Kohlberg et les changements d’horizon, du « pré-conventionnel » au « post-conventionnel », Erik Erikson et le passage de la confiance fondamentale à l’autonomie), moralistes (C. Pinto de Oliveira, famille comme lieu originaire de l’expérience morale) et philosophes (Jean Lacroix, famille contre l’anti-amour rampant dans la civilisation technique individualiste et dé-personnalisante) se complètent pour nous donner un tableau cohérent du développement psychique de l’enfant dans sa famille.

La réflexion sur le rôle éducateur de la famille de certains économistes de renom, comme Gary Becker, Prix Nobel d’économie 1992, et Jean-Didier Lecaillon, est particulièrement intéressante et pertinente aujourd’hui.

Gary Becker a mis en avant la notion de « capital humain » pour rendre compte des étonnantes différences dans la capacité de développement que l’on rencontre entre les pays [1] , Sous ce terme il entend les talents, degré d’éducation, niveau de santé et niveau de formation des individus qui interviennent dans la production des nations. Plus ce capital est développé - c’est à dire plus le degré d’éducation, de formation et d’aptitude au travail des individus est élevé – et plus la machine économique du pays qui bénéficie de ce capital tourne bien. Pour Gary Becker, c’est la famille qui est le fondement du succès économique - ou de la régression d’un pays. La dégradation de la famille, appauvrissant sa capacité à transmettre les valeurs, risque donc d’avoir des conséquences redoutables dans les pays qui en sont plus particulièrement affectés.

Jean-Dider Lecaillon [2] constate que la famille est un facteur essentiel du développement économique. C’est, dit Lecaillon, en premier lieu au sein de la famille que s’acquièrent des qualités aussi précieuses pour le dynamisme économique que le sens de l’effort et de la discipline, l’autonomie responsable ou la solidarité volontaire, l’esprit d’initiative et de service.

La constitution d’une famille est donc, pour l’Etat, un investissement dont la rentabilité à long terme est sûre, bien qu’elle n’apparaisse qu’au bout de nombreuses armées.

[1] G.S.Becker, « Human Capital, Fertility and Economic Growth», Journal of Political Economy, oct. 1990

[2] G.S.Becker, « Human Capital, Fertility and Economic Growth» , Journal of Political Economy, oct. 1990