L’impact social de l’atteinte actuelle des familles, sous la pression des lois économiques, la nécessité de trouver du travail hors de chez soi, l’absence d’aide de la part de l’Etat, et les politiques de contrôle démographique est difficile à estimer statistiquement, d’autant qu’il ne se manifeste que progressivement, au fur et à mesure du changement des générations. Néanmoins la « maladie » (Gratissimam Sane n°20) qui frappe nos civilisations du bien être et de la jouissance sans responsabilité se manifeste déjà par des signes et des maux indéniables.
Parmi ces maux, nous pouvons citer :
1) L’individualisme croissant avec une difficulté de plus en plus grande pour les mouvements et les organisations collectives et d’entraide de trouver des volontaires et des responsables, en particulier chez les jeunes. Ce sont actuellement les gens du troisième âge qui font fonctionner les organisations basées sur le volontariat, la solidarité, le sens du bien commun.
2) L’incapacité de s’engager, de prendre des responsabilités. Cette faiblesse devant les responsabilités - qui se traduit du reste d’une autre façon dans la fuite vers les drogues et l’étourdissement des discothèques - est particulièrement frappante dans les mouvements de jeunes qui ont de plus en plus de mal à trouver des responsables.
3) La perte du respect de la vie, elle aussi liée à la perte du sens de la responsabilité, et qui se traduit par l’acceptation sans discussion des techniques de procréation artificielle, du diagnostic prénatal, de l’euthanasie. Dans un temps où la contraception n’a jamais été aussi massive et généralisée, les chiffres des avortements recensés n’ont jamais été aussi élevés (près de 40 millions par an dans le monde).
4) Le refus de l’enfant, lui aussi massif, et installé maintenant dans la durée, alors même que l’hiver démographique a atteint le Japon et se rapproche des pays occidentaux, avec tout ce qu’il entraînera de déséquilibres sociaux, de misères, et peut être de conflits.
5) L’insolubilité des problèmes sociaux, comme celui, très grave, du chômage, dû au vieillissement de la population, à sa perte de vitalité, à son repli sur la défense d’intérêts particuliers.
6) L’épidémie du SIDA, enfin, qui est l’expression et la manifestation tragique du relâchement des mœurs, de l’atteinte des familles et de l’infidélité matrimoniale.